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Mon chien tire en laisse : comment retrouver du plaisir en promenade ?

chien en balade

Quand la promenade devient une corvée

Tu pars avec l’envie de profiter de la balade et, quelques minutes plus tard, tu as déjà le bras tendu et ton chien qui t’embarque d’une odeur à l’autre comme si tu n’existais pas. Tu répètes « doucement » toutes les deux secondes, tu t’arrêtes, tu changes de direction, tu testes les conseils trouvés sur Internet. Pourtant, à la sortie suivante, la laisse se retend et la scène se rejoue.

 

Tu as l’impression qu’il est sourd, qu’il ne comprend rien, qu’il se moque de toi, que rien de marche.

 

À force, les promenades peuvent devenir fatigantes au point de ne plus avoir envie de sortir (et la tendinite au coude, on en parle ?).

 

Si ton chien tire en laisse, le premier réflexe c’est de chercher une technique pour qu’il arrête. Mais avant de choisir un exercice, il faut regarder ce qui le pousse à tirer. Excitation, peur, environnement trop stimulant ou simple habitude ? Car deux chiens peuvent faire exactement la même chose pour des raisons très différentes.

 

Et c’est justement ce qui va déterminer la manière d’aborder cet apprentissage.

Pourquoi ton chien tire-t-il en laisse ?

Ton chien peut déjà partir très haut en excitation dès que tu attrapes la laisse. Il peut aussi se retrouver débordé une fois dehors par les odeurs, les chiens, les humains, les vélos et tout ce qu’il aimerait aller voir de plus près.

 

Chez d’autres chiens, la traction traduit plutôt un inconfort : ils cherchent à s’éloigner rapidement de quelque chose qui leur fait peur. Et parfois, tirer est simplement devenu une habitude. Ton chien a appris qu’en mettant de la tension dans la laisse, il réussissait quand même à avancer jusqu’à l’odeur, l’arbre ou le copain qui l’intéressait.

 

Observe donc quand la laisse se tend. Seulement au début de la sortie ? À l’approche d’un chien ? Dans les endroits très fréquentés ? Regarde aussi son corps : est-il souple et curieux ou complètement tendu et sur le qui-vive ?

 

Ces petits indices permettent déjà de mieux comprendre ce que ton chien essaie de gérer pendant la promenade. Et surtout, d’éviter d’appliquer au hasard une technique qui ne correspond pas à la cause de la difficulté.

Quelles erreurs éviter quand ton chien tire en promenade ?

Quand les promenades deviennent compliquées, il est normal de tester les conseils que tu trouves autour de toi ou sur Internet. Le problème vient surtout quand on applique la même technique à tous les chiens, sans regarder ce qui déclenche réellement la traction.

 

Tu répètes « au pied », « doucement » ou « non » à chaque fois que la laisse se tend ? Si ton chien n’a jamais appris précisément ce que ce mot signifie, et qu’il est en plus absorbé par tout ce qui se passe autour de lui, le répéter dix fois de suite ne lui donnera pas davantage d’informations.

 

Même chose avec le conseil de s’arrêter ou de faire demi-tour dès que le chien tire. Dans certaines situations, cela peut faire partie d’un apprentissage. Mais si ton chien cherche à fuir quelque chose qui lui fait peur ou qu’il est déjà trop excité pour réussir à se concentrer sur toi, changer brusquement de direction ne règle pas ce qui le met en difficulté.

 

Autre réflexe fréquent : rallonger les promenades pour essayer de le fatiguer. Un chien qui manque de sorties ou de stimulation a bien sûr besoin que ses besoins soient mieux comblés. Pour autant, ajouter uniquement des kilomètres ne suffit pas toujours. Exploration, odeurs, stimulation mentale, interactions et repos participent aussi à son équilibre.

 

Enfin, contraindre physiquement ton chien avec du matériel destiné à l’empêcher de tirer peut modifier ce que tu vois au bout de la laisse sans t’aider à comprendre pourquoi il tirait et sans résoudre le problème de fond.

chien en promenade

Commence plutôt dans un environnement calme où ton chien arrive encore à réfléchir et à interagir avec toi ou accepter une récompense. Il sera beaucoup plus facile de lui apprendre quelque chose quand chaque odeur, vélo ou chien croisé ne lui demande pas déjà toute son attention.

Christel observe le comportement d’un chien pendant une séance

Comment commencer à retrouver du plaisir en promenade ?

Pour commencer, tu peux travailler quelque chose de très simple : donner à ton chien une bonne raison de revenir spontanément vers toi.

 

À la maison, attends qu’il te regarde de lui-même. Dès que son regard revient vers toi, marque ce comportement avec un « oui ! » puis donne-lui une récompense. Pas besoin de lui demander de te regarder : on cherche justement à renforcer les moments où il choisit de reprendre contact avec toi.

 

Quand cet exercice devient facile, teste-le dans un endroit un peu plus stimulant, comme ton jardin, devant chez toi ou dans une rue calme. Laisse ton chien observer et prendre les odeurs. Lorsqu’il revient vers toi, même brièvement, récompense-le.

 

Tu peux ensuite faire la même chose en promenade. Ton chien regarde autour de lui, explore, puis tourne la tête vers toi ou ralentit suffisamment pour détendre sa laisse ? Marque ce retour et récompense-le. Tu peux même lui proposer ensuite d’aller sentir ce qui l’intéressait : l’accès à l’environnement devient lui aussi une récompense.

 

Le but n’est pas d’obtenir un chien collé à ta jambe pendant toute la balade. Tu construis petit à petit un réflexe beaucoup plus utile : même dehors, au milieu de toutes les choses passionnantes qui l’entourent, ton chien apprend que revenir vers toi peut aussi être intéressant.

 

Commence dans un environnement où il est encore capable de réfléchir. S’il ne prend plus de nourriture, ne revient plus du tout vers toi ou semble complètement dépassé, la difficulté est probablement trop importante. Et s’il tire pour fuir quelque chose qui lui fait peur, priorité à la prise en compte de cette émotion plutôt qu’à l’exercice.

Pour tester l’exercice dans de bonnes conditions

Tu te sens perdu·e ?

Tu aimerais être guidé pour comprendre ce qui fait tirer ton chien et choisir des exercices adaptés à votre situation ?

Quand tirer en laisse n’était qu’une partie du problème

J’ai accompagné un Golden Retriever qui tirait tellement fort que sa propriétaire ne voulait plus assurer les promenades : elle n’avait tout simplement plus la force de le tenir. Son conjoint, de son côté, manquait de temps pour prendre le relais. Résultat, les sorties étaient devenues rares et le chien manquait aussi de stimulation à la maison.

 

Dans cette situation, travailler uniquement la marche en laisse n’aurait pas eu beaucoup de sens.

 

Nous avons d’abord ajouté des exercices d’attention à l’humain dans son environnement habituel, avec davantage de dépense mentale au quotidien : mastication, petites sessions d’éducation et jeux avec ses humains.

 

J’ai également pris en charge plusieurs promenades pour lui redonner l’occasion d’explorer son environnement avant de démarrer les cours dans de meilleures conditions.

 

Pendant les séances, nous avons travaillé sa capacité à profiter de ce qui l’entoure, puis à y renoncer ponctuellement pour revenir vers son humain. Nous avons aussi remplacé sa laisse très courte par une laisse plus longue, afin de lui laisser davantage de liberté pour sentir, explorer et se déplacer sans devoir rester collé à la jambe.

 

Ce type de situation montre pourquoi je préfère regarder l’ensemble du quotidien avant de choisir les exercices. Parfois, la traction n’est que la partie la plus visible de l’iceberg.

Quand demander l'aide d'une éducatrice canine ?

Si tu commences à choisir tes horaires de sortie pour éviter les chiens, les vélos ou les passants, que ton chien te met physiquement en difficulté ou que chaque promenade te demande de prendre sur toi, ça vaut le coup de ne pas rester seul avec le problème.

C’est aussi le cas si la traction s’accompagne d’aboiements, de grognements, de charges ou de tentatives de fuite. Derrière un chien qui tire très fort, je retrouve régulièrement de la peur ou de la réactivité. Dans ces situations, travailler uniquement la marche en laisse risque de passer à côté de la vraie difficulté.

Et si tu as déjà essayé plusieurs méthodes sans comprendre pourquoi rien ne tient dans le temps, ce n’est pas forcément qu’il te manque encore une nouvelle astuce à tester. Un regard extérieur permet de reprendre la situation dans son ensemble : ce qui déclenche la traction, ce que ton chien obtient en tirant, ce que tu fais à ce moment-là et les exercices qui seront réellement accessibles pour votre binôme.

Un petit mot si tu n’oses presque plus sortir ton chien :

Si les promenades sont devenues une source de stress, d’appréhension ou de fatigue, ne te décourage pas. Tu n’as pas forcément « un mauvais chien » et tu n’es pas non plus « un mauvais maître » parce que tu es épuisé.

Je vois de nombreuses personnes dans cette situation et la honte ou le stress les empêchent parfois de chercher de l’aide, de peur de se faire juger. Je ne te jugerai pas, même si actuellement tu n’arrives plus à promener ton loulou.

Comprendre son chien, c’est le premier pas pour retrouver des promenades plus sereines. Et rassure-toi : tu ne dois pas choisir entre promener ton chien et préserver tes bras, il existe des solutions !

Besoin d'aide ?

Si tes balades autour de Nemours, Fontainebleau ou dans les environs sont devenues compliquées et que tu aimerais être guidé, tu peux commencer par me raconter ce que tu rencontres avec ton chien lors d’un appel découverte.

Christel partageant un moment de complicité avec un chien
© Hina Photographie

Qui se cache derrière A Vos Pattes ?

Je suis Christel, éducatrice comportementaliste canine, et j’accompagne les familles qui veulent retrouver un quotidien plus simple avec leur chien.

Quand je travaille une difficulté comme la marche en laisse, je ne commence pas par appliquer une méthode toute faite. J’observe ce qui déclenche la traction, ce que le chien cherche à obtenir ou à éviter, ce qui se passe côté humain et les conditions dans lesquelles le binôme évolue.

C’est à partir de là que je choisis les exercices. Un chien craintif, un chien réactif et un chien simplement très excité n’ont pas besoin du même accompagnement.

Le jeu fait aussi partie de ma façon de travailler. Il me permet de développer l’attention, la coopération, le retour vers l’humain et la capacité du chien à redescendre en excitation, tout en gardant des apprentissages agréables à pratiquer au quotidien.